Méthode · 23 juin 2026 · 4 min lecture

DCF et multiples, deux méthodes qui se contrôlent l'une l'autre

Pourquoi une évaluation indépendante combine souvent l'actualisation des flux futurs et les multiples de sociétés comparables, et ce que cela apporte à la fiabilité du résultat.

Maquettes et tables à dessin dans un bureau d’études belge

La méthode DCF actualise les flux de trésorerie futurs attendus d'une société pour en déduire une valeur actuelle. La méthode des multiples applique un ratio observé sur des sociétés comparables au résultat de la société évaluée. Utilisées ensemble, elles permettent de vérifier la cohérence d'une valeur obtenue par deux approches distinctes.

En trois lignes

  • Le DCF se fonde sur des projections propres à la société, sur plusieurs années.
  • Les multiples se fondent sur des transactions ou cotations de sociétés comparables.
  • La convergence des deux méthodes renforce la crédibilité de la valeur retenue.

Le DCF part des flux futurs propres à la société

La méthode des flux de trésorerie actualisés, ou DCF, construit une projection des résultats futurs de la société sur une période de plusieurs années, puis actualise ces flux à un taux qui reflète le risque associé à l'activité. La valeur obtenue reflète les perspectives propres à la société évaluée.

Cette méthode exige des hypothèses explicites sur la croissance, les marges et les investissements futurs. Ces hypothèses doivent être documentées et justifiées dans le rapport, plutôt que présentées comme une donnée neutre.

Les multiples s'appuient sur le marché

La méthode des multiples applique à un agrégat de la société, souvent l'ebitda, un ratio observé sur des sociétés comparables, cotées ou faisant l'objet de transactions connues. Cette approche relie la valeur de la société évaluée à des références externes.

La difficulté réside dans le choix des comparables. Une société non cotée de taille modeste diffère souvent des sociétés cotées utilisées comme référence, ce qui nécessite des ajustements pour la taille, la liquidité ou le secteur.

Combiner les deux méthodes limite le risque d'erreur isolée

Chaque méthode comporte ses propres limites. Le DCF dépend fortement des hypothèses de projection, tandis que les multiples dépendent de la pertinence des comparables retenus. En les appliquant en parallèle, un écart important entre les deux résultats attire l'attention sur une hypothèse à revoir.

Lorsque les deux méthodes convergent vers une fourchette de valeurs proche, cela renforce la crédibilité du résultat final. Lorsqu'elles divergent, le rapport explique les raisons de l'écart plutôt que de les ignorer.

Le choix de la méthode dominante dépend de la société

Pour une société avec un historique stable et des perspectives lisibles, le DCF peut porter davantage de poids. Pour une société dans un secteur avec de nombreuses transactions comparables, les multiples peuvent être plus parlants.

Le rapport indique la méthode privilégiée et la manière dont l'autre méthode sert de contrôle, plutôt que de présenter un résultat unique sans justification de la démarche suivie.

La formule légale n'est ni l'une ni l'autre de ces méthodes

La formule fonds propres plus quatre fois l'ebitda ne relève ni du DCF ni des multiples au sens propre. Elle constitue une référence forfaitaire, applicable en l'absence de rapport d'évaluation indépendant, sans lien avec les perspectives réelles de la société.

Un rapport indépendant fondé sur le DCF et les multiples permet de documenter une valeur qui reflète la situation économique effective de la société au 31.12.2025, plutôt que de s'en remettre à ce forfait.

Questions sur ce sujet

Faut-il toujours utiliser les deux méthodes ensemble

Ce n'est pas une obligation, mais combiner les deux méthodes est une pratique répandue car elle permet de contrôler la cohérence du résultat obtenu par des approches indépendantes l'une de l'autre.

Pourquoi le choix des comparables est-il sensible dans la méthode des multiples

Des sociétés comparables mal choisies, par taille, secteur ou marché, peuvent conduire à un multiple qui ne reflète pas la réalité de la société évaluée, d'où la nécessité de justifier ce choix dans le rapport.

Que se passe-t-il si le DCF et les multiples donnent des résultats très différents

Le rapport examine les raisons de cet écart, par exemple des hypothèses de croissance trop optimistes ou des comparables peu pertinents, avant de retenir une valeur finale motivée.

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Mise à jour 23 juin 2026